Make me... write anything.


Comme un carreau trop petit pour la plume ravageuse, intérieure et intériorisée de mes désirs, j'essaie de faire tenir en une page bien trop frêle et bien trop pâle, un encre foncé et osé.

Noir puis bleu, foncé. Violacé. Finalement bleu. Bleu roi d'un cahier brouillé, à la marge fine et large.

Une râture, j'efface, je ne réécris, j'oublie. Il n'y a pas de suite. Pas de prochain point ni d'exclamations aux fins simples et claires.

Le carreau a beau s'aggrandir, ma pointe ne vise aucune cible écrite. Aucun mot n'est répertorié dans ce nouvel opus étrange. ''Bizarre'' dirons-ils. ''Normal'' assurerai-je. Un style blanchi par des pages peu coopératives : le malaise de la non-invention. La rédemption par le perchoir du style. Soutenu par avance, sans autre critère, en évidence. A l'instar de celles qui précèdent, ces lettres s'obstinent à s'affronter, pour se compléter, parfois. Mais il ne reste aucun sens. ''Pourquoi continuer?'' dois-je penser. Les carrés tranchés s'aplatissent maintenant. A l'intérieur de ''tout ça'', il ne reste rien. Je déchire, je jette, je feuillette l'assemblage de l'ensemble perdu, je digère ces échecs pour en faire des victoires. J'ai réussi, j'ai écrit.

Je n'ai rien compris mais j'ai souri.


C'est ça aussi, l'écriture...

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