Make me... write anything.0 commentaires![]() Comme un carreau trop petit pour la plume ravageuse, intérieure et intériorisée de mes désirs, j'essaie de faire tenir en une page bien trop frêle et bien trop pâle, un encre foncé et osé. Noir puis bleu, foncé. Violacé. Finalement bleu. Bleu roi d'un cahier brouillé, à la marge fine et large. Une râture, j'efface, je ne réécris, j'oublie. Il n'y a pas de suite. Pas de prochain point ni d'exclamations aux fins simples et claires. Le carreau a beau s'aggrandir, ma pointe ne vise aucune cible écrite. Aucun mot n'est répertorié dans ce nouvel opus étrange. ''Bizarre'' dirons-ils. ''Normal'' assurerai-je. Un style blanchi par des pages peu coopératives : le malaise de la non-invention. La rédemption par le perchoir du style. Soutenu par avance, sans autre critère, en évidence. A l'instar de celles qui précèdent, ces lettres s'obstinent à s'affronter, pour se compléter, parfois. Mais il ne reste aucun sens. ''Pourquoi continuer?'' dois-je penser. Les carrés tranchés s'aplatissent maintenant. A l'intérieur de ''tout ça'', il ne reste rien. Je déchire, je jette, je feuillette l'assemblage de l'ensemble perdu, je digère ces échecs pour en faire des victoires. J'ai réussi, j'ai écrit. Je n'ai rien compris mais j'ai souri. C'est ça aussi, l'écriture...
Make me... commonplace.0 commentaires![]() Entre deux murs, il y a mes idées qui flottent, aussi sublimes et belles qu'infimes et idiotes. Ecrire entre deux pages est ce qui m'est donné de plus beau. Je parcours chaque idée de mon esprit, puis, j'écris. Le résultat est souvent mauvais, mais il est unique et mien. Mon imagination est ma liberté. Ma création est mon exutoire. Mes écrits sont peut-être - qui sait ? - un miroir ? Make me... stoned.0 commentaires![]() Je coule à pic et je tombe à flots... J'erre par-ci, par-là. Je n'ai ni buts ni motivations. Je suis une peine non-identifiée, qui erre, qui cherche ce ''quelque chose'', sans me demander pourquoi ''quelqu'un'' m'attend au tournant du virage, avec une vie entre ses doigts. Peut-être suis-je désabusé? Je contourne cette ombre sans m'approcher de son visage, je ne veux pas le voir, je ne veux pas savoir. Je suis une âme en peine, mais je ne cherche pas à me défaire de mon brouillard qui m'entoure. Si les autres veulent vivre, qu'ils vivent! Moi, je suis entre les deux ; sans me pousser vers les extrêmités. Ainsi va mon entre-vie, vide, vers une mort sûre, m'attendant surement, elle aussi, avec son air pitoyable, au tournant d'une autre rue.
Make me... distorted.0 commentaires![]() Vie de Vair. Le jour en éclat ne s'est levé ce matin, Les rayons pâles et clairs n'ont pas existé, Le ciel a chaviré dans un or carmin, La nature s'est figée d'un instant noyé. Sans argile pourtant, tout s'est moiré de cire, Ni mouvance ni émotions n'ont ressurgi. Le néant a sonné d'une indicible lyre : Le glas amer et morne de son acalmie. Les reflets inertes se sont illusionnés ; Le Miroir s'est brisé sous le joug des abysses, Les corps ont tremblé d'un mille-temps profané. La danse de l'horreur n'a été qu'un prémice ; Le final tout entier déroba l'attention : L'asphalte entâchée d'une valse sans passion...
Make me... "us".0 commentaires
Make me... hidden.0 commentaires![]() Je quitte la lumière pour l'obscurité réconfortante. La grotte du réel ou le faux originel. Je couvre mes yeux de carrés noirs sévères. Camisole du plaisir visuel, je vis ma vie en un épicurisme virtuel. Le soleil ne touche pas mon corps ganté, écharpé, voilé. Sa chaleur m'étouffe mais je respire. Mon air est mien ; seule. Aucun ne me voit ; je les aperçois. Leur plaisir brûle pour d'autres ; sale. Mes gestes sont simples et noirs, aussi. Je marche droit : aucune ivresse de vivre. Mes hanches se collent aux lignes pavées qui se ressemblent toutes. Je n'aligne mot. J'avance pour avancer. Je ne me permets aucune lumière de choix. Aucune idée. Ni tentation ni dévotion humaine ; seule. Je méprise chaque passant pour qu'ils m'ignorent, d'un faux air dédaigneux. Le dédain n'est pas, mais ma coquille noire est vierge de sens. La beauté du corps n'est pas. Aucune iris n'effleure mes couches. Je suis laide et, plus je le suis, plus l'on m'honorera. Chaussures plates, noires. Le sol se meut sous mon poids stable et immobile. Statue de cire noire, je ne suis créée que par ma vie, noire à son tour et mes lois de non-couleur. Je procréerai d'un linceul vermeil, l'enfant, qui noircira vite sous ma fadeur imposée. Je suis et merci. Je ne serai car je pourrais mourir, un jour. Figure obligée d'une décomposition quotidienne : noir est mon voile. Make me... see in grey.0 commentaires![]() Vaste étendue grise. Non-sens. Bousculements. Ciel voilé. Yeux bouclés. Bêton armé. Déchirure intrinsèque. Nature morte. Moisissure en sommeil. Luxe moderne. Ongles rongés. Foule compressée. Air drogué. Pas grinçants. Talons percés. Fumée bouffante. Sucre toxique. Tissu sans-fil. Billets dispercés. Doigts coupés. Sang jauni. Haleine assurée. As perdant. Chance noire. Fontaine salée. Rêve échancré. Hommes crucifiés. Vies mortes. Morts douces. Entre deux attentes ; un éclair gris, écrit.
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